Canapé de caviar sur pain noir

...et patati et patata et plus si affinités !

18 juin 2008

Impossible n'est pas Francis Borelli

100px_PaperballIl était une fois un petit rouquin qui promenait son ennui sur une plage, que surplombait un phare, là-bas, au pays des pieds-noirs.
Les distractions n'étant pas légion et les moyens de sa famille plutôt limités, il passait le plus clair de son temps, soit pendu à un arbre (en espérant grandir) soit à jouer au foot avec une boule de papier journal. L'imagination à l'époque ayant encore sa place dans la tête des enfants, il se prenait à rêver qu'un jour il serait sur un grand stade de foot et que tout le monde connaitrait son nom.

Les années ont passées, tantôt difficiles, tantôt studieuses, tantôt militaires, tantôt yéyé, pour finir laborieuses à Paris.
De petits boulots en belles situations, d'entrainements avec des "chemises roses", en matchs avec des pros, le rêve a commencé à prendre forme.

Il n'est pas resté roux longtemps, ni petit d'ailleurs.
C'était un grand monsieur aux cheveux blancs.

Parce qu'il faut toujours croire à ses rêves, dans quelques semaines, son nom sera gravé sur un des plus célèbres stades de foot, à Paris.

Comme il serait fier mon papa...

Posté par juilletavril à 16:54 - Lui - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


08 avril 2008

Permettez-moi...

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Papa.

Il est parti le 2 octobre.

Ce sont toujours les premières fois qui marquent...
Alors permettez-moi de m'appuyer sur vous pour cette première fois où je ne peux lui dire :

Joyeux anniversaire Papa.

Merci


papaok

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13 mars 2008

Une madeleine made in tunisie...

Il y avait un phare, l'odeur du port, la mer que surveillait ton père, la plage ou roulait les boules de papier journal qui te servaient de ballons de foot. Les sacs de fèves sur lesquels tu dormais, cet arbre ou tu te suspendais en espérant grandir. Il y a eu la gloire, les femmes, la passion, la reconnaissance, l'argent, le pouvoir d'être celui que tu voulais être.

Tous ces gens à qui tu as tendu la main, que tu as nourris, que tu as aidé, que tu as soutenu...tous ceux pour qui tu es devenu essentiel.

Il y a eux ceux qui t'ont abusé... Il y a ceux qui te sont fidèles, ceux qui n'ont pas oublié... Oublier.... Tout est oublier.... Tout s'efface, petit à petit, la mer de l'amnésie recouvre à chaque journée qui commence, l'océan des souvenirs de ta vie.

Je ne pourrai jamais te ramener dans ce port de ton enfance...Les fauteuils roulants n'ont pas l'accès facile aux plages....

Posté par juilletavril à 14:33 - Lui - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Patati...

Il est des lieux communs qui ouvrent la porte grande aux psychoses.
Prenez cette expression idiote et paralysante : "tout est écrit". Et bien moi ce qui était écrit ça n'a pas été ma vie.

Pour éviter tout mal entendu, non je ne me plains pas et d'ailleurs ça aussi c'est un écueil paralysant :

relatez votre quotidien morose et on vous taxe de vous plaindre...!

Ce qui pose en paradoxe cette autre phrase tambourinée à nos oreilles depuis le règne de la psychanalyse :
"Il faut mettre des mots sur les maux !"

Tu parles !

Mets des mots sur tes maux et zou on te rajoute un mal dont tu n'étais même pas consciente :
tu te plains !
Alors plan B, ne rien dire ?... et hop re mal en vue "tu ne parles pas, ça te rongera de l'intérieur !"

"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts"

Ben voyons ! Aucune force la dedans, juste une chute plus vertigineuse, qui nous précipite plus vite vers nos abîmes !
Point barre et merde à Lacan et Freud!

Cette mise au point faite,
on m'avait parlé de facilité, d'amour, de bonheur et autres moments merveilleux !
Que du miel !
Mes notions culinaires ne m'ont pas permises de trouver la moindre douceur dans mon quotidien
Tout juste des promesses de caviar, dur dur à avaler sur du pain noir !

Aujourd'hui je me bat pour sauver les restes d'une promesse de vie : je suis en pleine succession.

Papa a eu, comme je me complais à le répéter, l'idée de très mauvais goût de faire faillite...
Il est parti depuis quelques mois me laissant avec son sac de noeuds, qu'il avait bien emballé et verrouillé à triple tour.
Voilà des mois que je me débats dans les méandres de son passé financier et par ricochet dans ce qui a été la fin de sa vie .

Il faut lui reconnaître ça : il était très fort pour cacher ce qu'il ne voulait pas que l'on découvre !
Passe quand il s'agissait de sa double vie avec moult femmes... mais quand il s'agit de savoir où en sont ses finances pour payer ses couches culottes... là tout de suite j'admire moins le maestro !
Les enfants sont ingrats me direz vous ...? Sans doute... mais l'enfant que j'étais a laissé la place à une adulte qui, dans l'état actuel des choses, aurait préféré moins de don sur l'art de camoufler et pouvoir savoir de quoi elle parle, quand elle rencontre l'inspecteur des impôts ! Oui je sais je suis trop terre à terre ...
Peut-être à force d'y avoir été jeté et rejeté plus souvent qu'à mon tour dans cette poussière de terre ...

Posté par juilletavril à 13:51 - Lui - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Alzheimer

Je pense donc je suis a dit le philosophe
Les mots sont dans ma tête
Pourquoi quand je vous parle n’y a t il que des apostrophes ?

Comme une pomme qui se flétrit
Tu ne sais plus pourquoi tu ris
Comme une pomme qui se flétrit
Tu es à moitié parti
Bonjour se dit comment
Quand on n’est plus dans le moment ?

J’ai vécu, j’ai aimé, je me suis battu et j’ai vaincu
Mes actes sont gravés
Pourquoi aujourd’hui quand on me parle je suis tant perdu ?

Comme une pomme qui se flétrit
Tu ne sais plus pourquoi tu ris
Comme une pomme qui se flétrit
Tu es à moitié parti
Bonjour se dit comment
Quand on n’est plus dans le moment

J’ai été si haut, j’étais celui qui ose
Mes enfants ont grandi
Pourquoi, au bout de cette vie ne suis-je que cette chose ?

Comme une pomme qui se flétrit
Tu ne sais plus pourquoi tu ris
Comme une pomme qui se flétrit
Tu es a moitié parti
Bonjour se dit comment
Quand on n’est plus dans le moment

Les mots qui tournent autour de moi
Ne sont plus les miens
Pourquoi je n’ai presque plus d’émois ?

Comme une pomme qui se flétrit
Tu ne sais plus pourquoi tu ris
Comme une pomme qui se flétrit
Tu es a moitié parti
Bonjour se dit comment
Quand on n’est plus dans le moment

Aujourd’hui ne reste de moi qu’Alzheimer
L’ultime mot à mon départ
Mais ce n’est déjà plus moi qui meurs


papa2


Posté par juilletavril à 11:25 - Lui - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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